Lettre de Richard Burton à Elizabeth Taylor

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Tu vas me manquer avec passion et je te regretterai immensément.

Elizabeth Taylor (27 février 1932 – 23 mars 2011) et Richard Burton (10 novembre 1925 – 5 août 1984) formèrent l’un des couples les plus mythiques d’Hollywood. C’est en 1962, sur le tournage de Cléopâtre, que ces deux-là se rencontrent. Mariés tous deux, ils attendent 1964 et leurs divorces respectifs pour s’unir officiellement. S’ensuit une série de ruptures, disputes, et réconciliations… pour le plus grand plaisir des médias. Neuf ans plus tard, en 1973, alors que leur relation se dégrade sérieusement, Taylor finit par reprendre sa liberté. Burton, pantois face à ce départ, lui adresse la lettre que nous reproduisons ici. Un an après, le divorce de leur premier mariage est acté.

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Le 25 Juin 1973

Tu es partie, bon dieu !

J’arrive à peine à le croire tant je n’ai pas l’habitude d’être plaqué. Mais, après mûre réflexion, je me demande bien pourquoi personne ne l’a fait avant. Tout ce qui m’intéresse, je te le jure, c’est que tu sois heureuse et je me fiche bien de savoir avec qui tu trouveras le bonheur. Enfin, tant que c’est un type sympa et qu’il te traite comme il faut. Si ce n’est pas le cas, je m’occuperais de lui avec un marteau et un pavé. Le regard de Dieu [1] est peut-être fixé sur le moineau mais mon regard sera toujours fixé sur toi. N’oublie jamais tes étranges vertus. N’oublie jamais que sous le vernis de ton langage tapageur se cache une DAME remarquable et austère. Je suis d’un ennui effroyable et le fait que tu sois restée avec moi pendant si longtemps est une preuve de ta loyauté. Tu vas me manquer avec passion et je te regretterai immensément.

Tu n’as pas à t’inquiéter, je n’aurais pas d’aventures avec d’autres femmes. Je vais broyer du noir et mon regard terne se perdra dans de lointains horizons, je ferais un peu l’acteur (probablement au théâtre) et ça m’évitera de boire et de me morfondre, mais plus important que tout, j’écrirais. Pas à propos de toi, je me dépêche d’ajouter. Je ne suis pas Millerinski Me, avec un double M. Il y a beaucoup d’autres comédies bien plus ridicules et humaines pour former mon linceul.

Je te laisse annoncer la séparation, de mon côté je ne dirai ni n’écrirai le moindre mot à ce sujet, si ce n’est cette note d’adieu. Essaye de prendre soin de toi. Je t’embrasse fort. N’oublie pas que tu es sans doute la meilleure actrice au monde. J’aimerais pouvoir t’emprunter une toute petite part de ta passion et ton engagement, mais tu es là, le froid reste froid tout comme la glace reste de la glace.

 

[1] Référence à un passage du Nouveau testament (10:31), citée dans dans un hymne gospel connu et repris par de nombreux chanteurs dont Marvin Gaye en 1968.

( Texte: http://www.lettersofnote.com/2013/07/youre-off-by-god.html ; Image: http://www.f400club.com/wp-content/uploads/2011/12/03_richard_burton_elizabeth_taylor.jpg ) - (Source image : Elizabeth Taylor et Richard Burton dans Cléopâtre, photo publiée par The Courier-Gazette, McKinney Texas, 1963 © domaine public)
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