Lettre d’adieu du Che Guevara à Fidel Castro

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che guevara

Jusqu'à la victoire, pour toujours.

Le 14 juin 1928, naissait Ernesto Che Guevara, compagnon de route et acteur capital de la révolution cubaine, avant de devenir, après son exécution mystérieuse au Chili en 1967, une icône mondiale de la révolution. En 1965, fatigué de son rôle officiel à Cuba, le Comandante Che Guevara décide de reprendre la route et de porter la flamme de la Révolution ailleurs : en Afrique. En témoigne cette lettre d’adieu à Fidel Castro, testament politique et témoignage vibrant de sa ferveur révolutionnaire. Viva la revolución !

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En 1965

Fidel,

Je me souviens en ce moment de tant de choses : du jour où j’ai fait ta connaissance chez Maria Antonia, où tu m’as proposé de venir et de toute la tension qui entourait les préparatifs. Un jour, on nous demanda qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de la mort nous frappa tous profondément. Par la suite, nous avons appris que cela était vrai et que dans une révolution il faut vaincre ou mourir (si elle est véritable). De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire. Aujourd’hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous sommes plus mûrs ; mais les faits se répètent.

J’ai l’impression d’avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien. Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti, de mon poste de ministre, je renonce à mon grade de commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd’hui à Cuba en dehors de liens d’une autre nature qu’on n’annule pas comme des titres ou des grades. En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d’honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Si j’ai commis une faute de quelque gravité, c’est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestria et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant d’hommes et de révolutionnaire. J’ai vécu des jours magnifiques et j’ai éprouvé à tes côtés la fierté d’appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d’Etat fut aussi brillant dans de telles circonstances, et je me félicite aussi de t’avoir suivi sans hésiter, d’avoir partagé ta façon de penser, de voir et d’apprécier les dangers et les principes.

D’autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t’est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l’heure est venue de nous séparer. Je veux que tu saches que je le fais avec un mélange de joie et de douleur; je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j’aime… et je laisse un peuple qui m’a adopté comme un fils. J’en éprouve un déchirement. Sur les nouveaux champs de bataille je porterai en moi la foi que tu m’as inculquée, l’esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d’accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l’impérialisme où qu’il soit ; ceci me réconforte et guérit les plus profondes blessures.

Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d’autres cieux, survient pour moi l’heure décisive, ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple ; j’essaierai d’y rester fidèle jusqu’au bout de mes actes. J’ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le reste encore. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d’être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et je ne le regrette pas ; au contraire, je suis heureux qu’il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l’Etat leur donnera ce qu’il faut pour vivre et s’instruire. J’aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c’est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais, et ce n’est pas la peine de noircir du papier en vain.

Jusqu’à la victoire, toujours.

La Patrie ou la Mort !

Je t’embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire

ERNESTO CHE GUEVARA

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11 commentaires

  1. donald

    Ia plus grande vertu d’un révolutionnaire est de ressentir au plus profonds de lui le sentiment de culpabilité par rapport à l’injustice, appliquée par qui que ce soit , sur qui que ce soit et à quelque distance que ce soit, voilà la force du commandant. CHE Guevara restera l’un des grand avatars de notre ère, pour son amour jusqu’à l’extrême, vis à vis des personne qu’il ne connaissais même pas de noms. Oui c’en est trop pour un commun de mortel .Meme si les faiseur des grands hommes de ce monde ont eu honte vous pebliciter pour de raison de divergence ideologique , tu restera avec le camarade CASTRO des monuments pour le continent noir, de la Namibie en Guinée Bissau en passant par l’Angola, la RD Congo , Congo Brazza …

  2. Olivier

    (…) après son exécution mystérieuse au Chili en 1967 ?!?!?!?
    Vous êtes sûr que c’est au Chili ?! Ça n’serait pas en Bolivie par hasard, plus précisément à Vallegrande ?
    Prière de vérifier vos informations avant d’écrire un article, surtout sur le Che.
    Du coup, je mets en doute la véracité de cette lettre.

  3. Yacouba Coulibaly

    Oui effectivement en tant que doctorant sur l’amerique latine l’erreur sur le lieu de trépas du Che m’a choqué mais votre Mea culpa me réconforte coulibaly abidjan

  4. aimeroobens68@gmail.com

    L’un des grands hommes du monde,une lettre remplit de sagesse,bravete et d justesse,l’exemple d’un bon revolutionnaire…Fier de toi Che,tu seras toujours dans notre memoire.

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